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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 09:23

Il est intéressant après quelques jours suivant le 1er tour de cette élection présidentielle, de faire un petit point sur ce scrutin afin de tenter de comprendre la vague de fond qui pousse certains électeurs de Mélenchon à non seulement vouloir s'abstenir, mais aussi propager cette idée.

Mélenchon a suscité autour de sa candidature un véritable entrain que ce soit à gauche, mais aussi dans les milieux d'extrême gauche. Il a été étonnant de voir que les personnes qui ne votaient pas habituellement lors des élections intermédiaires et qui donc prônaient l'abstention lors de ces scrutins se rallièrent avec entrain autour de la france insoumise en lançant des injonctions cette fois pour voter FI.

Il est aussi remarquable de voir le nombre de personnes qui se sont plaintes des méthodes aggressives de certains FI qui étaient à la limite de la décence.

Le score de Mélenchon, pas mal du tout, aurait pu devenir un élément de dynamisme pour les prochaines élections comme nouveau catalyseur de la gauche.

Mais au lieu de cela, s'est créée une "dynamique du pire", c'est à dire une injonction à s'abstenir dans un contexte particulièrement difficile avec le fascisme au 2nd tour. Dans ce contexte, le comportement d'un parti qui a l'ambition d'unir la gauche aurait été au contraire, de susciter une grosse opposition à ce qui est le contraire aux valeurs de progressisme et d'humanisme.

ça a été un énorme faux-pas. Et celui-ci a été évidemment signalé par Cambadélis, secrétaire du PS, qui a tout de suite repris pour son parti,cette opportunité de rassemblement de la gauche devant le danger.

Nous pouvons évidemment nous poser la question d'un tel couac au sein de la france insoumise et regarder de plus près, qui sont ceux qui l'ont rejoint et qui sont si virulents.

Evidemment ces méthodes, à la fois aggressives et non constructives nous font penser immédiatement à celles du groupe "gentil-virus" qui sont des "fans" d'Etienne Chouard. Il faut évidemment noter la proximité d'étienne chouard et de ses troupes vers des groupes plus glauques et proche du FN comme "Egalité et réconciliation" de Soral.

Le raliement des abstentionnistes chouardiens a été bien réel. C'est aussi le résultat d'un effet de mode vers la FI (France insoumise) et des passerelles vers les mouvements soraliens ont aussi été créées. La création d'un nouveau parti, l'objectif de ralier le plus grand monde possible en peu de temps ainsi que l'ivresse d'arriver au 2nd tour puis peut être de gagner les élections n'a pas permi de trier le bon grain de l'ivraie.

Mais il est aussi intéressant de voir ce qui a attiré les chouardiens dans l'obédience de Mélenchon et notamment les thèmes de campagne.

c'est la première camagne qui s'est autant cristalisée autour du souverainsime, de l'identité nationale et du protectionisme. La majorité des candidats étaient d'ailleurs pour un retour à un souverainisme français assez fort. Et parmi ceux là, Mélenchon qui a durcit cette opinion depuis sa dernière campagne de 2007. Jamais, il y a eu autant de drapeau français que pendant cette campagne et jamais, l'idée d'Europe n'a été autant haïe.

Il faut se souvenir de la position d'Etienne Chouard qui, loin d'être neutre, est un partisan très zelé de la sortie de l'Europe ; position bien sûr partagée par Soral et Egalité et réconciliation. Donc, une grosse partie de la campagne s'est faite en réaction contre l'Europe avec l'appui important des Chourdiens et plus discret des Soraliens.

D'ailleurs, c'est cette motivation de gagner qui a siphoné une partie de l'électorat qui aurait pu rejoindre les troupes d'Asselineau, le plus anti-européen des candidats.

Seulement, au second tour, la victoire de Macron a mis dans le camp des progressistes, le moins anti-européen des candidats, voir carrément le plus pro-européen parmis les onze en lice.

C'est là finalement qu'on arrive à résoudre la contradiction posée ci-dessus au début de ce texte : Comment Mélenchon n'a pas saisi l'occasion qui se présentait devant lui de prendre la tête de la gauche pour faire barrage au front national ?

Tout en sachant que la candidate en face de Macron est une anti-européenne convaincue et donc, bien plus proche des idées soraliennes et même chouardiennes que ne l'est Macron.

La conclusion est que Mélenchon, dans cette campagne, n'a finalement pas su faire émerger les idées essentielles de la gauche qui sont le progressisme et l'humanisme mais s'est enfoncé dans des idées de souverainisme nationale. Ce qui évidement relativise "le bon score" de cette gauche et rend critique vis à vis d'une réelle dynamique de gauche.

Mélenchon et France Insoumise, avec l'appui et l'entrisme de forts éléments chouardiens ont surtout contribué dans cette campagne à valider les positions souverainistes chevènementistes qui se retrouvent aussi bien chez Etienne chouard,Soral mais aussi chez le nouveau ténor du FN, Philipot. Dans ce cas, le raliement à Macron est en effet problématique et les passerelles vers le Fn (soi par un vote, soit par l'abstention) deviennent une réalité.

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Published by emmanuelcoux.over-blog.com
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commentaires

lyra-min 01/05/2017 08:57

très bonne analyse, merci.