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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 00:00

Affiche_Finie.jpgAvec la mise en place du 2e forum contre les grands projets inutiles à Notre Dames des Landes près de Nante, il est nécessaire de donner une définition de ce qu'est un " grand projet inutile".(lien)

 

L'idée du grand projet amène presque toujours à une idée de croissance à la fois économique mais aussi technologique. Car le grand projet est aussi un prototype, mais un prototype qui renforce la foi dans la science. C'est l'exemple qui montre qu'on peut encore plus surmonter les limites imposées par la nature.

 

Prenons par exemple le Lyon Turin, vaste infrastructure ferroviaire dont l'exploit technique est la création d'un immense tunnel à travers les Alpes. L'acceptation de ce projet a été guidé non pas par un sens logique - a-t on besoin d'une nouvelle infrastructure ? - mais par l'envie de posseder ou de voir exister un objet nouveau qui de part sa singularité aiguise la curiosité.

 

Ici, toutes les notions rationelles de coûts et de justifications de l'infrastructure ont été mises de coté. On nous a vendu une infrastructure comme un objet culturel 

On lui a même consacré un musée et des expositions itinérantes. La grande infrastructure rassure dans la possibilité de l'homme à maîtriser l'avenir.

 

La grande infrastructure a une fonction bien précise : elle doit booster l'économie et les échanges. D'ailleurs, si nous lisons bien les volontés des personnes qui souhaite cette infrastructure, nous voyons qu'elle est destinée à une augmentation des échanges et de l'activité. Dans le Lyon Turin, le report modal n'est pas destiné au trafic existant mais au surplus du trafic futur. Il y a environ 20 millions de tonnes qui passent à travers les tunnels routiers et ferroviaire du Fréjus et Mont blanc. Le Lyon Turin ferroviaire est conçu pour un trafic de 40 millions de tonnes.

 

D'ailleurs pour que le projet existe, il y a un flou entre l'augmentation existante du trafic et les voeux d'augmentation du trafic. La communication sur le Lyon Turin  reposait jusqu'en 2010 sur une augmentation de trafic dans les tunnels du mont blanc et du fréjus alors que celle ci n'existait plus depuis 1994. Et on ne parlait pas de petites augmentations mais carrément de doublement ou triplement du trafic. Ainsi les promoteurs du Lyon Turin avaiENt prévu un doublement du trafic entre 2000 et 2010.  Evidemment, pendant ces années, il n'y a pas eu d'augmentation du trafic.

 

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Souvent, l'augmentation de trafic survient après la mise en route de l'infrastructure. Cette conséquence est le souhait réel des promoteur de ces infrastructures : créer un besoin qui n'existait pas. D'autant plus que l'infrastructure est payé en tout ou en grande parti par de l'argent publique. Les coûts de fonctionnement eux aussi, rentrent dans la sphère publique. Donc, on peut dire que le transport est subventionné et qu'une forme de subvention, c'est justement la construction d'infrastructure par les collectivités.

 

En effet, peu de routes et de voies ferrés font parties du domaine privé. Et même si il y a une privatisation du rail, les voies restent dans le domaine publique avec la division entre RFF et la SNCF. Et l'état continue de subventionner des travaux pour des LGV qui seront en plus utilisées par des compagnies privés. Pour les autoroutes, c'est la même chose, c'est l'état qui a payé les constructions et c'est le privé qui en profite.

 

Avec cette subvention au transport, celui ne coûte plus rien. Donc c'est un facteur de délocalisation et de polarisation des économies. Bien sûr au détriment du local et j'ai envie de dire de l'écologie. Car, l'énergie que l'on ne consomme pas est la seul à mon sens réelle énergie verte. Ce raisonnement est valable pour le nucléaire puisque l'éléctricité que l'on produit est subventioné au 3/4 (voir le rapport de la cour des comptes).

 

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La grande infrastructure a souvent une pastille verte de développement durable. Par exemple, pour le Lyon Turin, celui ci est représenté comme un facteur d'intermodalité entre la route et le rail : il ferait disparaitre "600 000 camions des routes". Donc, pour ses promoteurs, il est nécessaire. Simplement, un simple calcul montre que ces 600 000 camions était le fret qui était acheminé par rail il y a 10 ans de cela. Ou aussi, l'exemple de la centrale nucléaire, comme l'EPR, par exemple qui réduit la masse de CO2 rejetée dans l'atmosphère. D'une part, si on développe un peu plus les énergies renouvelables on arrive au même résultat, et en plus on oublie de compter l'extraction d'uranium et'acheminement, etc. D'autre part, on oublie de dire que le co2, si il est dangereux pour l'effet de serre, n'est pas dangereux pour la santé, mais que tous les produits radioactifs rejetés dans l'eau et l'atmosphère, eux, sont dangereux pour la santé. Les grandes infrastructures obtiennent toujours des certifications BBC ou HQE. Par exemple pour l'aéroport notre dames des landes près de Nante. Pourtant la pollution engendrée par des chantiers de cette envergure est colossal. (béton, acier, aller retours des engins de chantier, etc...)(lien)

 

Enfin, essayer de définir une notion du grand projet inutile, c'est surtout démontrer que ces projets ne sont pas vitaux pour la société ; qu'il n'y a souvent aucune justifications logiques et que leur existence va allourdir la dette publique sans pour autant apporter un réel bénéfice. Pire, comme l'autoroute de Maurienne, ces projets détruisent plus le tissu économique qu'ils n'apportent de solutions. 

 

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 forum contre les projets inutiles (Bussoleno, 2011)

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Published by emmanuelcoux.over-blog.com - dans environnement
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