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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 15:38

Les scores de la dernière présidentielle ont mis en lumière l'avancée inquiétante de l'extrême droite et le retour d'une xénophobie qui semblait avoir disparue.

 

La politique de l'immigration de l'UMP et la stigmatisation des musulmans fait par un gouvernement en place a contribué à légitimer la xénophobie et la peur de l'autre comme un élément structurant la société. Du coup, le vote extrême droite devenait logique pour une partie des électeurs.

 

Pour lutter contre la xénophobie, je pense qu'un travail de fond doit se faire.

Quand on regarde les résultats, on voit que la xénophobie apparaît quand une population (ceux qui vient extrême droite) est loin d'avoir confiance en elle. Donc, c'est une population qui a peur de l'altérité.

 

Quand on regarde la population issue de l'immigration, contrairement à l'image qu'en donne les média, c'est une population totalement "intégrée" à notre société . Qui consomment, s'endettent..ne pose en général, pas de problème. Le besoin de voir une différence en crée une. Et c'est sur des aspects qui n'ont rien à voir avec "l'intégration" que cette différence va se faire : c'est souvent sur la couleur de la peau et la religion.

 

Le besoin de séparer en deux un seul peuple sur des critères irrationnels révèle d'un manque d'identité et de connaissances de soi, donc de créer une identité qui n'existait pas avant et ainsi de la légitimer grâce au rejet de l'altérité.

 

D'où la création du ministère de l'identité créé sous le gouvernement UMP. Le mot "identité" est quasi devenu synonyme de "raciste". Surtout dans le parti prit qu' une identité ne tolère pas d'autres identités.

 

Même si le dernier gouvernement a été un des grands promoteur de cette identité, cela a été une construction de l'Histoire de France surtout au 18, 19 et 20e siècle.

 

Rappelons quand même que malgré les philosophes, la France est une des nations les plus esclavagiste du 18e siècle et que le sort réservé à l'Afrique de l'ouest au 19 et 20e siècle n'est pas enviable. L'identité française  s'est créée par une volonté ethnocentriste d'imposer sa volonté aux autres.

 

De plus, la république, sous la volonté d'unir les peuples a détruit tout particularisme. Cette destruction s'est justifiée de n'avoir qu'une seule langue pour se comprendre et donc une meilleure tolérance avec "l'étranger".

 

Ainsi, l'étranger s'éloignait de la frontière de la province pour aller à la frontière de l'état.  Par ce système, on a créé une véritable puissance économique et militaire au service de l'oligarchie dominante.

 

Cette uniformisation des peuples a surtout été une hiérarchisation des peuples : Au centre la capitale, puis les provinces de la métropole; ensuite, les colonies des plus anciennes aux plus récentes, avec une hiérarchisation des peuples soumis à l'autorité française.

 

Un des grands artisans de cette France a été Jules Ferry qui tout en approuvant la colonisation et l'impérialisme Français a instauré l'école obligatoire. Ce qui n'était pas contradictoire. En effet, tous se devaient d'apprendre la langue et l'histoire du vainqueur et d'oublier la sienne (châtiments corporels si on parlait une autre langue à l'école). Ainsi, une grande partie de la population qui était biligue ou trilingue, est devenue "mono-lingue".

 

Les petits savoyards ont dû apprendre l'histoire de France depuis les origines alors qu'ils étaient français que depuis 20 ans. Et que dire du nombre de  Camerounais qui ont appris "nos ancêtres les gaulois".

 

D'où la construction d'une identité française impérialisante basée sur la hiérarchisation des peuples. On se devait de devenir comme le modèle "français" en effaçant tous ce qui faisait notre différence. La différence devint alors illégale. Aucune autre histoire est tolérée, aucune autre langue, aucune autre pensée. Évidemment, la mode vestimentaire doit venir de la capitale et l'apparence doit être dictée aussi par l'oligarchie dominante.

 

De là, vient la suite logique : s'attaquer aux dernières différences : la couleur de peau. Et l'argument qui va avec : la religion pour légitimer l'attaque.

 

D'où la création de deux identités opposables, l'une légitime et l'autre non. Comme le fait qu'on porte sur soit ce qui peut renverser le bloc monolithique de l'impérialisme français. Et la peur, la même a poussé un peuple à aller massacrer un autre peuple en 1914.

 

Ma réponse au combat que je mène contre la xénophobie est justement de récréer cette diversité de peuple, de favoriser les langues régionales pour que se développe le multi-linguisme (plus on connaît de langues, plus c'est facile d'en apprendre de nouvelles). C'est aussi d'apprendre l'histoire dite injustement "régionale" (ce  terme induit une infériorité par rapport à l'Histoire nationale alors qu'elle n'est en rien inférieur). C'est accepter ses racines pour avoir confiance en soi mais pour pouvoir accepter l'altérité. Et de ce fait, voir l'altérité non comme un élément opposable mais comme un élément complémentaire.

 

Cette vision complémentaire de l'autre est aussi une réalité qui construit notre identité .L'autre nous enrichit.

 

 montagne 0026 750

 

les vices et les vertus XV e siècle (italie)

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Published by emmanuelcoux.over-blog.com - dans politique
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