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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 18:31
La Savoie a été de tous temps très Européenne

La Savoie a été de tous temps, très européenne dans le sens qu'elle s'est construite grâce à une idée ou un projet d'Europe Fédérale.

 

C'est d'abord Humbert au Blanches-mains, le fondateur de la maison de Savoie et le premier ancêtre connu, qui prend parti pour que l'Empereur récupère l'héritage du royaume de Burgundia au détriment de sa strict indépendance.

 

Il aura contre lui presque toute l'aristocratie de ce royaume, mais la victoire de l'Empereur lui permet de s'affirmer comme un des seigneurs les plus influents et les plus puissants de ce royaume ; avec notamment la Maurienne qui lui est accordé et le mariage de son fils avec Adélaide de Suse.

 

C'est que les comtes de Savoie deviennent les portiers des Alpes, c'est à dire qu'ils vont prospérer sur les grandes routes commerciales de l'Europe. C'est celle du Mont-Cenis qui mène les marchands Lombards et Génois aux foires de Champagnes ; c'est aussi celle du Grand Saint Bernard qui mène d'Italie à l'Allemagne.

 

Enfin, c'est aussi l'accès aux foires de Genève, rendez vous des commerçants et banquiers de l'Europe. Le duc de Savoie y maintiendra une monnaie forte garantissant la solidité des échanges entre marchants et banquiers européens et contribuant à son succès.

 

La dynastie de Savoie sera en général très partisane de l'Empereur. Les seuls moments où elle ne l'est pas, c'est qu'elle a pris partie pour le Pape, l'autre tête gouvernante de l'Empereur.

 

C'est aussi la menace d'un royaume de france très hégémonique qui renforce l'adhésion à l'Empire. Amédée VI est un des rares souverains à avoir assisté au couronnement de l'Empereur Charles IV de Luxembourg à Arles en 1365.

 

Ensuite l'adoption de Saint Maurice comme patron de la Savoie est un évident moyen de montrer ses liens avec le Saint Empire romain germanique puisqu'il est aussi le patron du Saint Empire.

"La pêche miraculeuse" de Konrad Witz qui est la première reproduction fidèle d'un paysage par un peintre. Ici, c'est Genève qui est représenté

"La pêche miraculeuse" de Konrad Witz qui est la première reproduction fidèle d'un paysage par un peintre. Ici, c'est Genève qui est représenté

Le domaine des arts montre aussi que la Savoie est au croisement des routes de l'Europe. Le fameux peintre Konrad Witz vient surement de Souabe, quand au peintre de cour Grégorio Bono, lui, vient de Venise. Bapteur, de Fribourg.

 

Le musicien Guillaume Dufay, lui vient des Flandre, et travaille aussi dans toute l'Europe. L'architecte militaire Francesco Piaciotto lui vient d'Urbino. Ascanio Vitozzi lui aussi vient de la péninsule et Juvarra lui, de la lointaine Sicile.

 

Au début du XVI e siècle, alors que s'affirme l'idée d'état-nation, un des ministres de la Savoie, Mercurien Gattinara qui va devenir chancelier de Charles Quint va lui défendre l'idée d'une Europe fédérale sous l'égide du Saint Empire romain Germanique, alors tenu par Maximilien, le père de Charles Quint.

 

Malheureusement, la réforme protestante née en 1517 et surtout l'idée qu'il n'y a qu'une religion tolérable dans les pays vont cliver l'Europe et favoriser l'émergence des états nations : l'Angleterre, alors vassal du pape, fait le grand saut, comme plusieurs principautés allemandes. La France va tirer avantage de ce désordre évident pour se renforcer. La césure entre les pays bas et l'Espagne fera le reste.

 

Pourtant, c'est encore grâce au Saint Empire romain et à la tête de ses armées qu'Emmanuel Philibert réussira à récupérer ses états ; en infligeant une des pires défaite à la France. Cet esprit européen est aussi très présent à la bataille de Lépante où sont absent la france et l'Angleterre, les deux états nations principaux d'Europe.

 

C'est encore une coalition européenne qui permet de vaincre Louis XIV et de signer le traité d'Utrecht en 1713, mais aussi de sauver encore une fois la Savoie.

 

Enfin, pour ne pas trop alourdir ce post, il est important de parler de l'Europe de Metternich, celle qui donna à la Savoie la magnifique barrière de l'Esseillon ; mais c'est aussi la vision autrichienne d'une Europe Fédérale, peut être trop axée autour de la dynastie habsbourgeoise

la barrière de l'Esseillon en haute Maurienne

la barrière de l'Esseillon en haute Maurienne

.Mais cette vision est intéressante car c'est celle d'une Europe fédérale, que certains voulurent appeler "états unis d'Europe". Cette vision, héritière de la pensée de Gattinara, est le prélude idéologique de l'Union Européenne. Elle sera définitivement tuée à Sarajevo en 1914. Et cet attentat visait autant un membre de la famille impériale autrichienne que celui d'un ardent promoteur de ces Etats-Unis d'Europe.

 

C'est que les états nations se renforçaient depuis de XIXe siècle. C'était la Grèce et la Belgique en 1830, la Suisse en 1848, L'Italie en 1860 (au détriment de la Savoie dont l'histoire s'arrête à cette date), l'Allemagne en 1870, etc, sans parler de toutes les nations qui se construiront après la déconfitures des Empires Ottomans et Austro-Hongrois.

 

Mais la création de ces états nations vont amener comme corolaire les plus grosses guerres que l'histoire des hommes ont connu. Des guerres de la succession d'Espagne à la seconde guerre mondiale. Car l'état nation exacerbe les rivalités, rend infranchissable les frontières et ne favorise pas le compromis et la discussion.

 

Aujourd'hui la Savoie se reconstruit dans l'Union Européenne. Elle lui a permis de redécouvrir son histoire, de protéger sa culture. Mais surtout, elle a permis à la Savoie de redévelopper ses échanges vers les pays alémaniques et italophones ; de redécouvrir sa place qui est au cœur de l'Europe.

le duché de Savoie au XVe siècle, un état au coeur de l'Europe

le duché de Savoie au XVe siècle, un état au coeur de l'Europe

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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 07:32
1416-2016, 600 ans de l'élevation de la Savoie au titre ducal

Amédée VIII, comte, duc, pape et évêque

Amédée VIII est surement le souverain le plus renommé de la Savoie mais aussi ce qui est paradoxal, peut être pas un des moins connu mais un des plus mystérieux. En effet, sa carrière avec ses succès (il fut élevé au rang de duc) mais aussi ses échecs et ses choix interrogent. Amédée VIII nait à Ripaille en 1383, l'année de la mort du comte vert son grand père. Son enfance se passe calmement à Ripaille dans la résidence qu'à fait construire sa grand mère, Bonne de Bourbon. Il ne reste rien de ce Ripaille de Bonne de Bourbon mais c'était alors une grande résidence princière avec un immense corps de logis de plus de 75 mètres de long dont l'essentiel du gros œuvre aurait été fait en bois. En 1391, son père meurt surement empoisonné. Amédée VIII devient donc comte de Savoie à 8 ans. La suite est tragique et plusieurs « clans » se combattent.

L'origine du comté de Savoie.

Mais avant de continuer, interrogeons nous sur ce « comté de Savoie » qu'hérite le jeune Amédée VIII. Ce comté prend son origine dans un « royaume de Bourgogne ». Ce royaume de Bourgogne n'a rien à voir avec le « duché de Bourgogne » français. C'est un royaume qui comprend l'essentiel du bassin Rhodanien avec la Suisse romande actuelle et le val d'Aoste. Ce royaume de Bourgogne prend son origine dans le royaume des Burgondes fondé en 443 en Sapaudia et est simplement la continuation de ce royaume. En 1032, le roi de Germanie qui est aussi l'empereur du Saint Empire romain hérite de ce royaume qui se transmettra d'empereur à empereur. Cependant, l'autorité impérial s'affaiblira, surtout après 1250 et des états quasi-indépendant vont émerger comme le Dauphiné et le comté de Savoie. En 1350, le comté de Savoie a une capitale Chambéry et une administration déjà très efficace.

carte du royaume de Bourgogne en l'an mil

carte du royaume de Bourgogne en l'an mil

Bonne de Bourbon et Pierre-Châtel

En 1391, Bonne de Bourbon réussit a prendre le pouvoir malgré l'opposition des ducs français comme le duc de Berry, père de la mère d'Amédée VIII, ou les ducs d'Orléans et de Bourgogne. Bonne va retirer avec sa cour à Chambéry et vivre entre cette ville et Bourg en Bresse. Son pouvoir est fragile. En 1393, elle va consolider son pouvoir en élevant à Pierre-Châtel, l'abbatiale que l'on voit encore aujourd'hui. C'était une façon pour elle de s'affirmer en remémorant la fondation prestigieuse de son mari. Celui-ci fonda l'ordre chevaleresque du Collier et la chartreuse de Pierre-Châtel qui était le siège de cet ordre. 1 300 personnes participeront à la pose de la première pierre de l'édifice. C'était une façon de montrer pour la comtesse douairière, sa puissance politique. Preuve de l'importance de Pierre-Châtel pour la vie politique de Bonne de Bourbon, les travaux seront rapide : moins de deux ans pour le gros œuvre. Pierre-Châtel sera de fait la première construction du « règne » d'Amédée VIII. Cette construction mêlant le politique au religieux influencera énormément le jeune comte. C'est quasiment la même équipe de maçon qui travailleront pour la construction de la Sainte Chapelle qui est aussi d'un point de vue paysager une immense église sur un château. On peut aussi noter la passion d'Amédée VIII pour les ordres religioso-chevaleresque : il créera des statut pour l'ordre du collier en 1409 et créera l'ordre de Saint Maurice. Bonne de Bourbon va aussi s'occuper de l'administration des états de Savoie et elle va notamment reconstruire la chambre des comptes (qui est celle que l'on voit aujourd'hui). Surement pour montrer qu'elle pouvait compter sur une administration efficace. Mais la chambre des comptes et Pierre-Châtel ne seront pas suffisant pour maintenir la comtesse au pouvoir et elle est évincée en 1395.

le château-chartreuse de Pierre-Châtel

le château-chartreuse de Pierre-Châtel

Le château, la Sainte chapelle et le titre ducal

Amédée VIII réussira assez rapidement à prendre le pouvoir personnellement en éloignât tous les ducs français. Il élabora plusieurs stratégies pour conforter et accroître son pouvoir. Une des premières stratégies a été de donner à Chambéry, une parure monumentale digne d'une capitale. Il va refaire le château, avec notamment la tour demi-ronde et surtout à partir de 1408, la Sainte Chapelle qui est à l'époque, qu'une chapelle palatine. La référence de cette chapelle est évidemment de montrer qu'il était le petit fils du duc de Berry, un des hommes les plus cultivés et plus puissant de son temps. C'est une référence à la Sainte chapelle de Bourges aujourd'hui détruite, mais aussi au château de Mehun-sur-Yèvres qui était réputé pour être le plus beau château d'Europe. Mehun-sur-Yèvres a été aussi une possession des Luxembourg avant d'être celle du duc de Berry et qui est un héritage des Luxembourg. Par ce fait, Amédée VIII montrait aussi son lien familiale avec l'empereur Sigismond. Et c'est cet empereur élèvera Amédée VIII à la dignité de duc de Savoie en 1416. A cette époque, le gros œuvre de la Sainte Chapelle était terminé et le château devait alors avoir fière allure. Un parallèle peut être fait avec l'arrivée de l'empereur de Constantinople Manuel au château de Mehun-sur-Yèvres en 1405, événement qui a dû impressionner le comte de Savoie et qui a dû joué dans le fait de construire une nouvelle chapelle castrale. En 1418, est entrepris la construction du nouveau couvent des dominicains qu'Amédée VIII a fait venir. Surement un peu après, les franciscains commence la construction de leur nouveau couvent qui deviendra plus tard la cathédrale de Chambéry.

le château de Chambéry avec la Sainte Chapelle

le château de Chambéry avec la Sainte Chapelle

L'empereur Sigismond

Une petite parenthèse sur Sigismond qui est alors l'empereur du Saint Empire romain Germanique. C'est le fils de Charles IV qui s'est fait couronner roi de Bourgogne en 1365 à Arles. Ayant besoin de s'imposer dans ce royaume où il y a le pape à Avignon, le roi de France à Lyon et en Dauphiné et le roi de Naples en Provence, peu après son couronnement, il se rend avec le comte de Savoie à Saint Maurice d'Agaune pour prendre des reliques de ses ancêtres. Se conduisant comme un archéologue, il retrouve la tombe de « son ancêtre » Saint Sigismond. Il emportera des reliques de se saint à Prague et nommera son fils : Sigismond. Sigismond aura à résoudre les problèmes de la papauté. En effet depuis 1409, il y a trois papes. Il convoquera le concile de Constance en 1415. Et c'est en descendant vers Perpignan pour forcer Benoit XIII à abdiquer qu'il passe par la Savoie. Il aura aussi des problème avec les Ottomans et on lui doit la défaite de Nicopolis où sera fait prisonnier le demi-frère d'Amédée VIII, Humbert le bâtard dont la devise sera « Allah Ac ». Il fondera l'ordre du dragon qui aura sa renommées avec « Vlad Dracul » qui veut dire Vlad de l'ordre du dragon.

Amédée VIII et Genève

Un des grand axe de la stratégie territoriale d'Amédée VIII va être de s'accaparer de Genève. Déjà, nous voyons que cette ville est au cœur des états de Savoie. Mais, elle est possédée par son évêque. A partir de 1390, elle va devenir le centre des échanges commerciaux et financiers de l'Europe au détriment de la champagne, ravagée par la guerre de 100 ans. Genève est très bien située, non loin de la route international du Simplon et du Grand Saint Bernard. Il est facile d'accéder en Allemagne par le plateau Suisse, en France du nord par la cluse de Nantua et Bourg en Bresse et à Avignon soit par le Rhône, soit par le sillon alpin et Chambéry. Le pape Clément VII qui a été en plus comte de Genève de 1392 à 1394 n'est peut être pas complètement étranger à ce succès. En 1390, Genève compte environ 2000 habitants, c'est encore une ville d'importance secondaire. Elle va en avoir 10 000 au milieu du siècle suivant et cela dans un contexte européen de régression démographique. Chambéry passera de 6000 personnes en 1350 à moins de 4000 en 1450. Le tableau de Conrad Witz, « la pêche miraculeuse » est un très bon symbole de la prospérité de Genève. La Savoie possède déjà un grand pouvoir dans la ville de Genève. Notamment, elle possède son principal château, le palais de l'Isle idéalement situé entre les deux rives, sur le seul pont et sur l'artère commerciale. Une des première action d'Amédée VIII pour avoir le contrôle de Genève va être d'acheter le comté de Genève ; achat difficile qui se passera en 1405 mais qui sera confirmé par l'empereur qu'en 1422. Avec l'achat du comté de Genève, Amédée VIII rachètera aussi les terres de Thoires et Villars, notamment le Haut Bugey. Cela lui permettra de contrôler un axe stratégique important : la cluse de Nantua qui mène de Bourg en Bresse à Genève. Il peut ainsi facilité le trajet des commerçants français se rendant à Genève et renforcer la prospérité de cette ville. Cependant, ce n'est que vers les années 1428, 1430 qu'il va réellement essayer de s'imposer à Genève, Annecy et le Genevois. En 1428, il commence la reconstruction du château d'Annecy afin de s'affirmer dans le Genevois, comme comte de Genève. Il restaure la grande salle et les tours saint Pierre et Saint Paul tel qu'on peut le voir aujourd'hui. En 1430, il promulgue les statuts de Savoie dans la ville de Genève. Malheureusement, peu après, l'évêque fera échouer son projet hégémonie sur Genève. Le duc de Savoie ne possédera Genève qu'en 1444 quand celui-ci sera aussi administrateur du diocèse.

carte du duché de Savoie après 1427

carte du duché de Savoie après 1427

L'héritage des Savoie-Acaie

Revenons à la période entre 1416 où il est élevé à la dignité de duc et 1428 où il commence à s'occuper du Genevois. Surtout dans les années entre 1418 et 1427. En 1418, Amédée VIII hérite de son cousin Louis de Savoie Acaie de toute la principauté d'Acaie qui comprenait les riches villes de Pignerol, Turin, Moncalieri, Savigliano, Fossano et Mondovi. En 1427, à l'aide d'une impressionnante armée contre le Milanais qui servira surtout à impressionner le duc de Milan, il acquiert le Vercellois et la ville de Verceil.

Ripaille, où la course à la papauté

En 1431, il fait commencer la construction de son ermitage de Ripaille. Depuis 1431 commence aussi le concile de Bâle. Et tous les indice semble montrer que le duc se place dans la course à la papauté. Ripaille est conçu comme une chartreuse de luxe pour grand seigneur. Il faut savoir qu'il a fondé en 1411 à Ripaille un premier prieuré de Saint Maurice. En 1413, il entreprend la reconstruction du château de Thonon qui devient une véritable résidence princière. La ville de Thonon fait office une seconde capitale. C'est aussi une des rares villes du duché à accroître sa population. Ripaille /Thonon est idéalement placée. C'est en face de Lausanne, du château de Morge et à équidistance de Genève et de Chillon. Du pas de morgin, nous pouvons nous rendre facilement à Saint Maurice d'Agaune. Le lac Léman devient une « mer savoisienne ». Il est aussi facile de se rendre, soit en Italie, soit en Allemagne, soit en France. Donc Ripaille semble être à l'opposé d'un lieu pour se retirer du monde. En 1434, le duc de Savoie fonde l'ordre de Saint Maurice. Il augmente aussi les statuts de l'ordre du collier qui deviendra en 1518, l'ordre de l'annonciade. Il abandonne officiellement son pouvoir à son fils (officieusement il le gardera). En 1439, il est élu pape. Les électeurs sont en majorité des prélats savoyards. Au delà du fait que son élection est le résultat d'un calcul habile, nous pouvons constaté que le clergé est très fidèle au duc de Savoie avant même que celui-ci ne devienne pape. Il le restera jusqu'en 1449. Entre temps, il ramènera la cour pontificale dans les états de Savoie, à Bâle d'abord, puis il séjournera à Ripaille. Son abdication en 1449 est vu comme un échec par la plupart des historiens qui se demande aussi pourquoi il a « accepté » de devenir pape. Ce qu'il faut retenir, c'est que cela a permis au duc de Savoie d'acquérir définitivement Genève à partir de 1444. Il en restera d'ailleurs l'évêque après1449. Cela permettra aussi à son fils de négocier l'indult en 1452, c'est à dire de contrôler l'église de Savoie (les évêques, archevêques, abbayes, prieurés). Indult qui sera sans cesse renouvelé et qui sera une des sources de la puissance et du succès de la maison de Savoie. Une immense abbatiale est prévue à Ripaille, qui ne s'élèvera jamais au dessus des fondations.

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 16:22

 

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St Maurice, église de Jasseron

 

Conférence le 20 septembre 2014 à Belley

 

18h30, salle des société, rue de la république

 

organisée par les associations :

 

La société savante du Bugey

 

J'art d'Ain partagé

titre :

  "le culte mauricien et son impact géopolitique dans la vallée du Rhône de la fin de l'empire romain au 17e siècle"

Introduction : 

La commémoration des 1500 ans de l'abbaye de Saint Maurice à Agaune dans le Valais sont pour nous l'occasion de se remémorer l'importance du culte Mauricien dans la vallée du Rhône mais aussi en Europe.

 

Son culte, propagé par des clercs issus de la mouvance Lérinienne et portant leur idéologie, va former, après le martyr du roi Sigismond, le ciment spirituel des royaumes de Bourgogne qui vont se succéder.

 

Il sera repris, dans une idée de légitimation du pouvoir, donc d'une continuité par les empereurs du St Empire romain germanique, puis par la dynastie des princes de Savoie qui en feront un de leur culte principal. St Maurice deviendra ainsi le patron de la Savoie.

 

D'un point de vue local, Mr Trenard nous montre que 34 églises sont sous le patronage de St Maurice dans l'Ain. Si on prend la carte qui nous est donnée par le site sur la commémoration des 1500 ans de st Maurice d'agaune, nous voyons que le Bugey fait partie de la plus grande concentration de lieux Mauriciens avec le Genevois voisin. Et encore ce site ne comptabilise dans l'Ain que 23 églises sous le patronage Mauricien.

 

Dans le cadre de la réforme territoriale actuelle qui tente d'effacer toute trace historique, la conscience d'une telle concentration d'édifices Mauriciens peut être une piste de réflexion sur notre identité culturelle et géographique

 

Cette réflexion peut être complétée par la redécouverte du Rhône comme élément central d'un point de vue géographique avec par exemple la Via Rhôna qui passe à proximité de Belley. Le culte de St Maurice a en effet l'avantage de relier historiquement et culturellement les métropoles rhodaniennes de la source à la mer.

 

Je présenterai donc, après un bref rappel des récits du martyre d'Agaune, une histoire succincte du culte de Saint Maurice dans les royaumes de Bourgognes, dans le St Empire romain germanique et en Savoie de la fin de l'empire romain au 17e siècle.

 

Je m'efforcerai de présenter dans un premier temps les raisons de l'émergeance d'un tel culte dans le royaume Burgonde.

 

Puis dans un deuxième temps, je montrerai aussi comment ce culte va structurer culturellement, géographiquement et spirituellement ce que nous appelons aujourd'hui l'espace rhodanien du Valais Suisse à la méditerranée, mais aussi la sphère d'influence de ce que nous appelons aujourd'hui l'ancien royaume de Bourgogne ou d'Arles. (sphère d'influence qui s'étend, nous le verrons, au Piémont).

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 00:25

 

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Ce titre inspiré de l'ouvrage de Justin Favrod pourrait s'appliquer aussi au successeur et continuateur du royaume Burgondes, à ce qu'ont construit les rois Burgondes et l'aristocratie gallo-romaine du bassin du Rhône, le royaume de Bourgogne.  

http://crm.revues.org/265  

 

C'est dans le cadre d'une conférence sur l'enseignement de l'histoire de l'Europe que je fus invité par l'euro-député Malika Benarab-attou à Bruxelles, le 31 janvier 2014 dans les locaux du parlement européen pour parler d'histoire Européenne.  

http://malikabenarabattou.wordpress.com/2014/01/27/conference-enseignement-de-lhistoire-et-citoyennete-democratique/  

 

En effet, l'enseignement de l'histoire de l'Europe est difficile. Il est encore largement centré sur les nations qui composent l'Europe. La France enseignera prioritairement l'histoire française, l'Angleterre l'histoire de l'Angleterre, etc. Et l'histoire des nations voisines est carrément occultée.  

 

Avec l'actuel replis identitaire, ce coté se trouve de plus en plus renforcé alors que l'histoire est censé promouvoir des valeurs de tolérance, d'humanisme et de démocratie. La connaissance de l'histoire a comme rôle selon Laurence de Cock de permettre une  « pensée critique », une émancipation.  

 

L'enseignement de l'histoire doit permettre donc l'ouverture et non le replis sur soi. Ce qui implique qu'il a comme rôle la compréhension du cadre sociétal dans lequel nous évoluons.  

 

Mais comment comprendre ce cadre sociétal si on occulte une partie des informations ? Le royaume de Bourgogne, parce qu'il n'a pas donné naissance à un état moderne (son territoire est partagé actuellement entre la France et la Suisse romande et l'Italie), n'est tout simplement pas enseigné.  

 

Mais les 1500 ans de l'abbaye de Saint Maurice d'Agaune font ressurgir ce pays oublié de la plupart des livres d'histoire. Pourtant il a une réalité, même une réalité solide. Plus de 1000 ans d'histoire, une cohérence géographique et spirituelle et une existence qui a une légitimité dans nos critères de valeurs actuelles que sont la démocratie et la volonté populaire. Les autres royaumes européens se sont fondés eux, seulement sur les possessions territoriales d'une famille régnante.  

 

Dans le royaume de Bourgogne, appelé aussi royaume de Provence ou d'Arles, c'est le seul royaume où l'on entend parler « d'élection » de roi, même si ceux qui l'ont élu sont tous des « grands », comprendre les évêques et archevêques du bassin Rhodanien. (élection de Boson à Mantaille en 877).  

 

C'est aussi un royaume où les personnages secondaires (par rapport au roi) se retrouvent au premier plan. Nous avons ainsi un Gérard de Vienne qui finalement dirige le royaume à la place de Charles de Provence après 855. Mais aussi Boson qui avant de devenir roi est d'abord un reprédentant des derniers carolingiens en Provence/Bourgogne.  

 

Il faut aussi parler des ecclésiastiques qui tiennent une grand importance. Comme Léger, évêque d'Autun au 7e siècle qui est l'image même de la résistance Bourguignonne contre la Neustrie.  Les archevêques de Vienne, d'Arles et de Lyon sont quand à eux les personnages les plus importants du royaume.  Leur influence dépasse souvent la Bourgogne puisque l'évêque de Lyon deviendra le primat des Gaules et celui de vienne, le primat des sept Provinces. 

 

Si l'on parle de Léger, comme résistant, il ne faut pas oublier les résistants contre l'Austrasie et les Pépinides (futurs carolingiens qui supprimeront le royaume jusqu'à qu'il renaisse avec Boson et Rodolphe).


 En effet, après la bataille de Poitiers, Charles Martel s'attaqua à la Bourgogne (entre 733 et 739) avec l'aide des Longobards venu du Montgenèvre et de la famille d'Abbon. Les Bourguignons et à leur tête le duc Mauronte firent une résistance acharnée aux troupes Austrasiennes et reçurent l'aide des arabes de Septimanie. En représailles, Charles Martel ravagea le bassin du Rhône.    

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mauronte

 

Cette mise en premier plan de personnages de seconds ordres hierachiques, souvent en opposition au pouvoir central peut interpeller notre curiosité historique sur le pourquoi.  

 

L' histoire du royaume de Bourgogne est riche et cohérente aussi bien géographiquement que culturellement. Géographiquement d'abord car elle est centrée sur le Rhône et le commerce Méditerranéen. C'est un trait d'union entre la méditerranée et les pays nordiques.  

 

Culturellement, c'est un pays qui a été romanisé très tôt. En moins 121, le royaume de bourgogne faisait parti de la province romaine de transalpine ou Narbonnaise. C'est sur le Rhône que seront construite les plus grandes villes romaines « au delà des Alpes » comme, Arles, Valence, Lyon et surtout Vienne.  

 

 C'est un pays où la tradition et la culture romaine est très fortement enracinée ; avec des liens importants avec l'empire Byzantin et l'Italie. En témoigne les mariages entre les dynasties Bourguignonnes et Byzantines dans une période de renouveau de l'empire romain d'orient (de la dynastie Macédonienne aux Comnènes, c'est à dire entre 850 et 1050).

 

 

Le bosonide Louis l'aveugle (roi de Provence, puis d'Italie, puis empereur) se maria en 900 avec la fille de l'empereur Léon VI, Anne de Constantinople. Ils auront un fils, Charles Constantin qui sera comte de Vienne. La fille d'Hugues de Provence, Berthe se maria en 944 avec le fils de Constantin VII, Romain II.

 

Hughes est le seul roi a être mentionné dans le "de administrando imperio" de l'empereur Constantin porphyrogénete.

 http://remacle.org/bloodwolf/historiens/constantin/table.htm  

 

De même, au 8e siècle, la volonté de se rattacher à un empire arabe en formation plutôt qu'avec un empire Carolingien en formation est de ce fait logique (d'un point de vue culturel et économique). Et on comprend la résistance face à Charles Martel.  

 

Quand à la cohérence spirituelle du royaume de Bourgogne, elle est centrée autours de l'image emblématique de Saint Maurice et de son sanctuaire, l'abbaye de Saint Maurice à Agaune.  

 

Car le royaume de Bourgogne, c'est aussi une construction issue de la pensée des moines de Lérins au Ve siècle. Et le récit de Saint Maurice est un bon résumé de cette pensée qui va aboutir à une fusion entre les romains et les Burgondes pour laisser la place au 6e siècle à une nation Bourguignonne.  

 

L'importance de cette pensée issue de Lérins mais trouvant son accomplissement à Saint Maurice d'Agaune est telle que l'image de Saint Maurice sera accaparée dans le reste de l'Europe comme si les souverains Européens en éprouvèrent le besoin pour se légitimer.  

 

Cette migration vers le nord du Saint emblématique de la Bourgogne se révèlera fatale pour le royaume, Agaune et Vienne perdront la primauté des centres Mauriciens au dépend de Magdebourg et de Vienne en Autriche.  

 

Mais 1032 ne signifie pas la mort du royaume bourguignon contrairement à ce qui est fréquemment énoncé. Le royaume existe toujours. Et le Pape voulant imposer la réforme Grégorienne dans les royaumes de Germanie et de France a trouvé dans le royaume de Bourgogne une terre « amie » idéalement située, notamment avec la ville de Lyon.

 

 

Et on comprend ainsi la prise de Lyon en 1312 par Philippe le Bel qui veut marquer un coup d'arrêt sur les offensives de la papauté qui après la chute des hohenstaffen en Germanie reporte son offensive sur la France.  

 

La prise de Lyon en 1312 suivit de l'annexion du Dauphiné en 1349 marqueront le début de la fin pour le royaume de Bourgogne. Mais, c'est aussi en 1309 que s'installe logiquement la papauté en Avignon dans une terre qui est traditionnellement amie de l'église.

 

Malheureusement c'est dans cet espace de temps que se constate le déclin des  villes d'Arles et de Vienne. Le 4 juin 1365, l'empereur Charles IV de Bohème est le dernier souverain à se faire couronner à Arles.  

 

la France et la Savoie se poseront chacun en continuateur légitime du royaume. La Savoie aura du mal à contrer une France qui sera de plus en plus hégémonique dans le royaume de Bourgogne. La Savoie va être poussée hors de Bourgogne.  

  

Le transfert de la capitale de Chambéry à Turin en 1562, puis la perte de Genève en 1602, va redonner une identité nouvelle à la Savoie, celle d'un état plus orienté vers le Piémont, puis, à terme, vers la Lombardie et l'Italie.

 

Le duc de Savoie Charles Emmanuel 1er sera un des dernier duc à revendiquer le titre de roi de Bourgogne. Son fils, Victor Amédée 1er aura toujours des prétentions royales mais sur des terres moins polémiques. Il revendiquera le titre de roi de Chypres et Jérusalem...

  

 

 

Bibliographie :  

 

interview de Laurence de cock : http://aggiornamento.hypotheses.org/1257  

  le royaume de bourgogne autours de l'an mil : http://cem.revues.org/11188  

  René Pourpardin : Le royaume de Bourgogne, étude sur l'origine du royaume d'Arles  

  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5530689v/f3.image.r=L%27Assemblée%20de%20Vizille.langFR  

  Les textes hagiographiques relatifs à Saint Maurice d'Agaune, une approche pluridisciplinaire :  

  colloques de septembre 2009 :  

  http://haghis.blogspot.fr/2009/11/colloque-saint-maurice-sept-2009.html  

  les 1500 ans de l'abbaye Saint Maurice d'Agaune :  

  http://www.abbaye1500.ch/  

  vie de Saint Léger, évêque d'Autun :  

  http://remacle.org/bloodwolf/historiens/gregoire/leger.htm  

  la vie des père du Jura :  

  http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/mefr_0223-4874_1898_num_18_1_8158  

  Narbonne chez les historiens arabes :  

   http://ausonius.u-bordeaux3.fr/aloha/PDF/Cottart%20Nicole/Narbonne%20chez%20les%20g%C3%A9ographes%20arabes.pdf  

   Quelques hypothèses sur la présence arabe en Narbonnaise et vallée du Rhône au vue des découvertes monétaires :  

  https://www.academia.edu/2235329/DArbunah_a_Sakhrat_Abinyun_quelques_hypotheses_sur_la_presence_musulmane_en_Narbonnaise_et_dans_la_vallee_du_Rhone_au_vu_des_decouvertes_monetaires  

  La ville d'Arles :  

  http://www.memo.fr/dossier.asp?ID=938  

   Jusin Favrod : les burgondes, un royaume oublié au coeur de l'Europe  

   http://crm.revues.org/265

anniversaire des 1500 ans de l'abbaye se St Maurice d'Agaune :

http://www.abbaye1500.ch/

 


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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 20:30
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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 16:55

La maison de Savoie a un rôle central dans la construction du département. C'est la fusion des anciens baillages du Bugey, Bresse, et pays de Gex auxquelles on a rajouté la principauté des Dombes au XVIIIe siècle.

 

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la Bresse et le Bugey ont été des provinces importantes de la Savoie. La Bresse assurrait de bons revenus à l'état. Le Bugey et plus particulièrement la région de Belley a été le noyau originel d'où est parti l'expansion savoyarde au XIe siècle (thèse de Laurent Ripart, professeur à l'université de Savoie)

 

Les témoins de l'époque savoyarde sont nombreux, ils constituent l'essentiel de la richesse du patrimoine des pays de l'Ain.

 

Nous pouvons citer :

 

Pierre Chatel qui fut un des premiers château de la Savoie mais aussi une chartreuse siège de l'ordre du Collier qui deviendra plus tard, l'ordre de l'Annonciade. Son église est le première exemple d'art flamboyant en Savoie.

 

 

L'église de Brou: Même si elle est aussi grande qu'une cathédrale, c'est une église prieurale et surtout là où est enterré un duc de Savoie (Philibert le beau) et deux duchesses. On peut considérer cette construction comme le Taj Mahal de la Savoie.

 

La cathédrale de Bourg en bresse: impressionnante avec sa clef pendante une des plus audacieuses d'europe. Un chef d'oeuvre de l'art flamboyant.

 hist.-savoie 0302

L'abbaye d'Ambronay: construite en plusieurs étapes, c'est un chef d'oeuvre d'architecture. On remarques les deux tours qui sont le témoin des affrontement entre savoyards et dauphinois pour le contrôle de la plaine de l'Ain au XIIIe siècle.

 

Le château des Allymes: batie construite pendant les guerre delphino-savoyardes.

 

Le château de Chazey sur Ain: résidence préférée du duc Philippe II dit "sans terre", c'est là que sont nés les ducs Philibert II et Charles III (II pour les italiens)

 hist.-savoie-0450_2812.JPG

 

Le château de pont d'Ain: les ruines actuelles font oublier que ce chateau a été une des résidences préférées de la famille de Savoie.

 

Pérouge: C'est l'exemple d'un bourg savoyard au XVe siècle (seul le château a disparu)

 

Chatillon sur chalaronne: ce fut une des ville fortifiée du comte puis duc de Savoie. Les halls, l'église et l'architecture sont remarquable. Le chateau a été une des résidences préférées d'Amédée VI. 

 

Bourg en Bresse: Une des villes comme Chambéry qui ont été litéralement créées par les comtes de Savoie. Elle prendra son essor après le déplacement du siège du baillage de bresse de Bagé à Bourg dû aux nécessités de la guerre. Les halls de Bourg faisait partie des plus grandes d'Europe.

Sa citadelle, une des plus puissante d'europe va être détruite par les français : elle a résisté plus de deux ans aux troupes françaises. Sa garnison ne s'est rendue qu'après le rattachement de la bresse à la france, sous l'ordre express du duc de Savoie et avec les honneurs militaires.

Autre monument savoyard qui a disparu à Bourg en bresse : la Chancellerie.

 

Le prieuré de Nantua: les prieurs savoyards embelliront la collégiale pour lui donner la physionomie qu'elle a actuellement.

 

Le choeur de la cathédrale de Belley: un chef d'oeuvre de l'art flamboyant. Au XIXe siècle, on se contentera de prolonger le choeur pour donner une unité au batiment. Le choeur a été réalisé sous l'épiscopat de Jean de Varax qui cumulait aussi le titre d'Abbé de Saint Michel de la cluse à l'entrée du le val de Suse. (Sacra di San michele) 

 

Toutes les églises de style flamboyant de l'ain: chaques églises méritent une visite.

 

Beaucoup de villages ont des vestiges de maisons ou d'urbanismes du XVe siècle savoyard :  citons Virieu le grand, Rossillon, Lagnieu, Saint Sorlin, ....

 hist.-savoie-0456_2818.JPG

 

Pour finir, il ne faut pas oublier que l'emblème de la Bresse est la croix de Saint Maurice, symbole savoyard que l'on retrouve sur les pièces de monnaies, et symbole de l'ordre de Saint Maurice fondé par le duc de Savoie Amédée 8 et qui deviendra l'ordre des Saint Maurice et Lazart ; Saint Maurice, martyre d'Agaune est le patron de la Savoie.

 

 

 

 

 

 

L  

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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 22:02

 

no-tav-0643.JPG

Le clocher de St Juste à gauche et à droite de l'ancienne parroissiale, Ste Marie Majeur

 

Quelles sont les liens entre la Savoie et le val de Suse ?

 

Géographiquement un col, le Mont Cenis et une montagne : le Roche melon (Rocchiamelone). On peut rajouter le col du clapier, le massif d'Ambin, le col de Rho et surtout le mont Thabor.

 

La Maurienne et le val de Suse sont traversés par la via francigena créant une unité de fait.

 

Ce qui a créé des liens historiques très tôt : 

 

Tout d'abord, nous trouvons pour la préhistoire le groupe DCA (Doire, Chisone, Arc) et une serie de gravures rupestres similaires sur les deux versants des Alpes.

La période romaine nous laisse les personnages de Donnus et Cottius rois du Regnum Alpinum dont l'arc de Suse en est le témoignage le plus probant. Le regnum Alpinum s'étendait dans toute les Alpes occidentales.

Après le marriage d'Odon de maurienne avec Adélaide de Suse, l'état de Savoie, naissant, s'aggrandi  jusque dans la plaine piemontaise.

D'un point de vue religieux, Suse ancienne cité romaine et chef lieu de la province des Alpes cottienne aurait dû être un évêché, au lieu de cela, l'évêché s'est créé à St jean de Maurienne et aussi à Embrun. Mais cette dernière à été détachée des Alpes cottienes pour devenir le chef lieu des Alpes maritimes durant le bas empire romain.

 

L'évêché de St jean de Maurienne avait la vallée de Suse jusqu'en 1000 environ mais après il ne cessa jamais de revendiquer ce territoire. Les évêques de Maurienne furent enterrés dans la Novalaise jusqu'en 1200. Le thabor et le rochemelon sont des pellerinages communs au mauriennais et valsusins.

 

no-tav 0265 2627

  sacra di san michele

 

Les abbayes jouèrent un grand rôle. Il y a d'abord la Novalaise que nous venons d'évoquer et qui avait de nombreuses possessions en Savoie. Puis, l'abbaye mythique, la sacra San Michele ou Saint Michel de la Cluse perchée sur son piton rocheux à l'entrée de la Vallée. Celle-ci avait un tas de prieuré sous sa dépendance : nous pouvons citer le prieuré de Chamonix et était propriétaire de la vallée homonyme ; le prieuré de St Martin d'Aime dont l'église est un des témoignages les plus important de l'art roman en Savoie ; Le prieuré de la Chambre dont l'église devenue la paroissiale a un portail magnifique qui semble avoir été sculpté par les mêmes artistes qui ont créé le portail du zodiac à la Sacra san Michele. Nous ne pouvons oublier que cette abbaye a été propriétaire de la trés haute Maurienne (Bessan, Bonneval), ça aurait été Urbain de Miolan, abbé de la Sacra qui aurait commendité les fresques de la chappelle St Antoine de Bessan.

 

Je finirais par Guillaume d'Estouteville, évêque de Maurienne et Prieur de St Juste (dont l'église romane est acuellement la cathédrale), qui a financé la flèche du clocher de St jean (détruite à la révolution) et celle de Suse (toujours en place et qui peut nous donner une idée de l'aspect du clocher de St Jean).

 

Nous pouvons aussi parler de l'atelier de la famille Serra de Pignerol qui a décoré la belle chapelle de Lanslevillard et une bonne partie des chapelles et décors peints de la Val Susa. (Giaglone, Suse,...)

 

La maison de Savoie y joua un rôle centrale. Tout d'abord, les premières pièces savoisiennes ont été frappées à Suse (à part les faux deniers viennois frappés à Aiguebelle) avec le nom du prince et celui de la ville (SECUSIUM)

La ville de Saint Giorio aurait été fondée par Thomas I, qui y mis une de ses familles vassales, les Bertrands, originaires de Montmélian qui deviendront seigneurs de Chianocco, san Giorio. Beaucoup de familles nobles avaient essaimé des deux cotés des Alpes, comme les Aprilii, les Bardonneches, les Chignins de Villarbasse, ...

  

Le mur d'enceinte de la ville de Bussoleno est un témoignage de fortification urbaine du XIVe, il ressemble au mur de Saillon dans le bas Valais (ex baillage du Chablais).

Les comtes de Savoie avaient les chateaux de Suse, mais surtout celui d'Aveillane (Avigliana) et Rivoli.

 

Avigliana était une de leur ville préferée, là où serait né Amédée III. Il ne reste que des ruines du chateau qui était une de leur plus imposante forteresse. Mais le coeur de la vieille ville médiéval est tout à fait remarquable, tout en brique. C'est surement de là et du Pinerolese que serait venu les maçons et la mode de la brique dans l'architecture savoyarde (je ferai ultérieurement un article sur ce sujet). 

 

Puis, Suse a eu une des plus importante forteresse des états de Savoie : le fort de la Brunette (détruit par Napoléon I) dont Exille n'est qu'un modèle en réduction. Dans leurs chanson, les bataillons de soldats de Chambéry évoqaient la Brunette en disant que le pays ne risquait rien avec le fort de la brunette.

 

no-tav-0642.JPG 

  L'arc de Cottius à Suse

 

   montagne-0503.JPG

peinture murale à l'interieur de la chapelle de l'ancienne chartreuse de la loze

 

 

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Ancien prieuré de St Saturnin (remarquer le clocher roman comme devait l'être ceux de Savoie avant d'être rasé pendant la révolution

 

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fresque de Giaglione évoquant les vices et vertues XVe siècle

 

 

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 20:02

une polémique fait rage en ce moment sur les coteaux de seyssel : est ce qu’on est un vin du Bugey où est ce qu’on est un vin de Savoie.

un peu d’histoire :

à l’époque, avant l’annexion forcée par la france au 17e siècle, le Bugey était une province ou plutôt un bailliage des états de Savoie. Notre bon duc Amédée VIII, eut la riche idée de marier son fils (le futur duc Louis I) à la fille du roi de Chypre et Jérusalem (qui ne régnait plus alors que sur Chypre), Anne de la famille des Lusignan. Cette princesse d’une grande beauté provoqua bien des remous à la cour de Savoie. Cependant, elle rapporta de son île natale le cépage qui prendra ensuite le nom « altesse » en l’honneur de cette princesse et fit la fortune des vignerons savoyards.

pour la grande histoire, le duc Amédée VIII, très avisé, maria son petit fils, avec l’héritière du royaume de Chypre en vu de capter son héritage. Son petit fils devint donc roi de Chypre. C’était sans compter sur un bâtard de la maison des Lusignans qui fit rentrer l’île dans les possessions de la sérénissime république de Venise qui ne pu la conserver. Néanmoins, l’île était perdue pour les Savoyards. Sauf qu’ils gardèrent toujours des prétentions sur Chypres. Le duc de Savoie Victor Amédée I, prit le titre d’altesse royale avec le titre de roi de Chypre et Jérusalem. Il essuya les foudres de Venise qui en prétendait autant. l’île appartenait en fait aux ottomans qui l’avait conquit peu de temps après Venise. Légalement, la maison de Savoie est toujours légitime sur Chypre et Jérusalem puisque Venise l’a usurpée.

donc, vin du Bugey ou vin de Savoie ? moi je dis, vin de Bugey et de Savoie.

montagne 0510

  vigne du coté de la val de Suse, territoire qui faisait parti de la Savoie

clocher roman près de Suse.

 

 

 

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 11:57

Le canton de seyssel possède une multitude de châteaux et maisons fortes en plus ou moins bon états. Il est intéressant de noter que trois de ces châteaux peuvent être considérés comme des sites majeurs pour la castellologie.

 

tout d'abord le château du chatel ou de cules :

 

Situé sur un éperon dominant le Rhône, il ne reste rien de ce château sauf quelques marches d'escalier. le site ainsi que le hameau en contrebas dit du chatel d'en haut mériterait une fouille archéologique approfondie. Ce château est interessant car il est cité par Cabaret dans sa chronique de Savoie. il est le point de départ de la légende de Bérold quand celui-ci arrive en Savoie (après être parti d'allemagne). Cela pose la question de l'origine de la maison de Savoie. Laurent Ripart a mis en lumière l'origine de la maison de Savoie comme étant Belleysane. Le canton de seyssel se situe dans le périmètre dans lequel humbert aux blanches mains a promis de faire respecter "la paix de dieux" donc un territoir à l'intérieur duquel il avait une certaine influence  et que l'on peut prendre comme base de départ de l'expansion savoyarde.

 

Le château de Dorche :

 

montagne 0098Château est situé à l'extrême pointe du périmètre de la " paix de dieu". Il représente un type ultime et très élaboré du château romand savoyard. Étudié par Mr Demotz, celui-ci se présente comme une succession de plates forme. Le point le plus haut, correspond au donjon avec une tour maîtresse de 25 m de haut élément le plus visible du château. Dans le donjon, se trouvait aussi l'aula et des celliers. Il en reste quelques ruines.

Après un fossé, la deuxième plate-forme correspond à la basse cour. elle était aussi entourée d'une courtine.

Autre élément défensif, le bourg qui se situe dans la plate forme la plus basse. Il ne reste plus qu'un champs. Il serait intéressant de faire des fouilles à cet endroit pour avoir une idée de l'habitat  au 11e et 12e siècle. Ce bourg était aussi entouré d'une enceinte. Plusieurs questions se posent : y avait il une chapelle ou une église, une ou des maisons fortes dans le bourg?

Il est à noter que l'on peut voir les ruines d'une tour ou d'une maison forte sur le chemin qui mène du château au rhone sur l'ancienne route de Seyssel à Dorche. Elle devait protèger le château du coté du Rhone.

 

Le château de la rochette à Anglefort :

 

C'est une maison forte qui a été construite au 13e siècle par la famille CADOT et agrandi jusqu'au 16e siècle pour ressembler à une véritable forteresse. Ce site est intéressant car il montre l'évolution des maisons fortes savoyardes du 13e au 16e siècle.

 

Le canton de Seyssel est riche en vestige mais aussi en interrogation : on peut rajouter par exemple le site de Seyssel avec le site de son ancien château. on peut se demander son role et surtout celui de la famille homonyme quand on sait qu'ils deviendront une des familles vassales majeurs de la maison de Savoie.

 

bibliographie :

 

pré inventaire du canton de seyssel

chateaux forts de Savoie numéro spécial SSHA mars 1982 andré Perret et Bernard Demotz

Défendre la bresse et le Bugey de Alain Kersuzan édition PUL

Les comptes de la chatellenie de Lompnes (Ain) au 13e et 14e siècle dans les cahier du dreffia (2008) 

l'origine de la principauté de Savoie de Laurent Ripart (thèse)

chronique de Savoie de Cabaret  

  

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